Batailles
navales de l’amiral Yi Sun-sin.
Pendant la Guerre de Sept ans, Yi
Sun-sin a mené vingt-trois batailles navales contre le Japon et a obtenu autant
de victoires. Les batailles, engagées par l’amiral Yi, peuvent être
schématisées dans le tableau
suivant :
|
|
Date
An/mois/jour
|
Lieu
|
Navires
coréens
|
Navires
japonais
|
Résultats
|
|
1
|
1592-5-7
|
Okpo
|
27
|
26
|
26 navires ennemis coulés
|
|
2
|
1592-5-7
|
Happo
|
27
|
5
|
5 navires ennemis coulés
|
|
3
|
1592-5-8
|
Chokjinpo
|
27
|
13
|
11 navires ennemis coulés
|
|
4
|
1592-5-29
|
Sachon
|
26
|
13
|
13 navires ennemis coulés
|
|
5
|
1592-6-2
|
Tangpo
|
27
|
21
|
21 navires ennemis coulés
|
|
6
|
1592-6-5
|
Tanghangpo
|
51
|
26
|
26 navires ennemis coulés
|
|
7
|
1592-6-7
|
Yulpo
|
51
|
7
|
7 navires ennemis coulés
|
|
8
|
1592-7-8
|
Hansan-do
|
56
|
73
|
47 navires ennemis coulés
12 navires ennemis capturés
|
|
9
|
1592-7-10
|
Angolpo
|
56
|
42
|
42 navires ennemis coulés
|
|
10
|
1592-8-29
|
Changrimpo
|
81
|
6
|
6 navires ennemis coulés
|
|
11
|
1592-9-1
|
Hwajungumi
|
81
|
5
|
5 navires ennemis coulés
|
|
12
|
1592-9-1
|
Tadaepo
|
81
|
8
|
8 navires ennemis coulés
|
|
13
|
1592-9-1
|
Sopyongpo
|
81
|
9
|
9 navires ennemis coulés
|
|
14
|
1592-9-1
|
Cholyong-do
|
81
|
2
|
2 navires ennemis coulés
|
|
15
|
1592-9-1
|
Choryangmok
|
81
|
4
|
4 navires ennemis coulés
|
|
16
|
1592-9-1
|
Pusanpo
|
81
|
470
|
128 navires ennemis coulés
|
|
17
|
1594-3-4
|
Jinhae
|
30
|
10
|
10 navires ennemis coulés
|
|
18
|
1594-3-5
|
Tanghangpo
|
124
|
50
|
21 navires ennemis coulés
|
|
19
|
1594-9-29
|
Changmunpo
|
50
|
117
|
2 navires ennemis coulés
|
|
20
|
1997-9-16
|
Myongnyang
|
13
|
330
|
31 navires ennemis coulés
90 navires très endommagés
|
|
21
|
1598-7-18
|
Choli-do
|
?
|
100
|
50 navires ennemis coulés
|
|
22
|
1598-9-20
|
Chang-do
|
211
Corée: 83
Chine: 128
|
?
|
30 navires ennemis coulés
11 navires ennemis capturés
|
|
23
|
1598-11-18
|
Noryang
|
146
Corée :83
Chine :63
|
500
|
450 navires ennemis coulés
|
Toutes les dates sont basées sur le calendrier
lunaire qui avait cours, en Corée,
jusqu’à la fin du 19ème siècle.
En plus de ces 23 batailles sur
mer, il y eut plusieurs engagements de moindre importance, dont un assaut par
la marine coréenne d’une base navale japonaise et la défense victorieuse de son
propre camp contre les forces japonaises.
Cinq de ces engagements sont
rapportés dans le journal de guerre et
Comptes-rendus à la Cour :
|
|
Date
An/mois/ jour
|
lieu
|
Navires
coréens
|
Navires
japonais
|
Résultats
|
|
1*
|
1593-2-10
~1593-3-6
|
Woongchon
|
89
|
40
|
Japon :
100 morts
2 navires
coréens
chavirés
|
|
2
|
1594-10-4
|
Changmunpo
|
50
|
?
|
Retraite
japonaise
|
|
3
|
1597-8-28
|
Eoranjin
|
12
|
8
|
Retraite
japonaise
|
|
4
|
1597-9-7
|
Byukpajin
|
12
|
13
|
Retraite
japonaise
|
|
5
|
1598-11-13
|
Chang-do
|
83
Chine 63
|
10
|
Retraite
japonaise
|
Won Kyun fut promu au rang de
commandant en chef de la marine, à la place de l’amiral yi, rétrogradé comme
simple soldat. Il engagea trois bataille navales qui se terminèrent, pour la
flotte coréenne, par autant de sombres défaites.
|
|
Jour / mois/ année
|
lieu
|
Navires coréens
|
Navires japonais
|
Résultats
|
|
|
|
|
|
|
|
|
1
|
07/07/1597
|
Cholyong-do
|
168
|
500
|
7 navires coréens
coulés et capturés
|
|
2
|
09/07/1597
|
Kadok
|
161
|
1000
|
27 navires coréens
coulés et capturés
|
|
3
|
16/07/1597
|
Chilchonnyang
|
134
|
1000
|
122 navires coréens coulés et
capturés
|
* Le nombre de navires
engagés et l’issue de chaque combat naval qui figurent sur ce tableau,
proviennent des écrits de l’amiral Yi : le Journal de guerre, et Comptes-rendus
à la cour, ainsi que des Archives
royales de la dynastie Chosun, écrit
officiel du gouvernement.
* Pendant la Guerre de Sept ans,
la marine coréenne a subi des pertes dues aux tirs de mousquets, mais n’a pas
perdu de navires. Elle perdit seulement deux navires, par la faute de leurs
capitaines, alors qu’ils retournaient à leur base, après l’engagement à
Woongchon. Des victoires aussi écrasantes de la marine coréenne peuvent être attribuées d’abord à
l’excellente structure de ses vaisseaux construits selon des plans et avec des
matériaux conçus pour durer, mais également
à son artillerie navale d’une puissance de feu et d’une portée
supérieure. Les Japonais n’armaient leurs navires que de un à trois canons,
d’une puissance de feu bien inférieure, et leur armement principal, les
mousquets, étaient efficace pour tuer les hommes d’équipage, mais non pas pour
détruire les bateaux.
Yi adopta donc la
stratégie de couler les navires en concentrant sur eux un feu nourri de boulets
de canon, avant que la distance séparant sa flotte de celle de l’ennemi ne soit
inférieure à 200 mètres, portée des mousquets japonais. Grâce à cette tactique
de l’amiral Yi, basée sur la supériorité
des bateaux et de la puissance de leur artillerie, la marine coréenne put se
prévaloir de succès jamais égalés dans l’histoire des combats navals.
* Parmi les vingt-trois
batailles que l’amiral Yi a menées, la plus grande et la plus féroce fut celle
de Noryang, engagement final qui lança les cent quarante-six bateaux des
flottes coréennes et chinoise contre les cinq cents navires japonais qui
transportaient l’armée entière dans sa retraite vers le Japon.
Embarquant tout ce qu’il avait en vivres et
en armement, Yi mit le cap sur Noriang pour accomplir son dernier devoir envers
sa patrie et son peuple. Il ôta son armure et son casque et se lança au plein cœur de la bataille,
tirant des flèches et roulant lui-même
le tambour. Jamais auparavant, il n’avait, dans le feu de l’action,
retiré son armure et son casque. Etait-ce là, peut-être, la décision de mettre
un terme à une vie difficile et ardue, avec cette dernière victoire en
mer ?
Lorsqu’il mourut, frappé
par une balle ennemie, ni son équipage ni les navires chinois ne se rendirent
compte de sa mort. Ils étaient tout entiers, corps et âmes à la bataille
jusqu’à son terme. Ils purent constater la victoire écrasante qui avait coulé
450 navires sur les 500 que comptait la flotte japonaise.
Ce fut la victoire la plus
précieuse et la plus honorable pour la marine coréenne, gagnée au prix du
sacrifice de la vie de leur amiral.
En rendant son dernier
soupir, il dit : « Ne parlez à personne de ma mort ». Car il
craignait que la nouvelle de sa mort ne fut dommageable à l’issue du combat.
Commandement naval de l’amiral Yi Sun-sin
Suivent quelques
traits caractéristiques du haut commandement de la marine par l’amiral
Yi et qui furent à l’arrière plan de
toutes les victoires légendaires dont il fut l’auteur.
1- Préparation minutieuse et
entraînement intensif
Avant la guerre, et tout au long
de celle-ci, et même pendant les trêves, l’amiral Yi soumettait toujours ses troupes à un
entraînement intensif : tir à l’arc, tir d’artillerie, manœuvres navales ordinaires et formations de
combat. Il s’attacha aussi sans relâche à la fabrication de nouvelles armes et
à la construction de navires. Une année à peine après la bataille de Myongnyang
qu’il engagea avec 13 navires seulement, il avait réussi à en construire 70 de
plus : un rythme étonnant d’un nouveau
bateau tous les cinq jours.
2- Etude attentive de la nature du champ de bataille et de sa
disposition.
La côte sud de la Corée, théâtre de tant de féroces combats navals entre
Coréens et Japonais, au cours de la Guerre de sept ans, est un véritable
labyrinthe maritime, composé d’innombrables îles et îlots. D’autre part, les
courants sont rapides et les plages qui
s’avancent loin dans la mer, offrent à chaque marée descendante et montante une
apparence totalement différente. Yi étudia avec beaucoup de minutie, ces
changements de courants, heure après heure, les vents et également la
configuration de chaque champ potentiel de bataille. Grâce à ses recherches, il
pouvait ainsi se fier à des routes sûres, chaque fois qu’il devait déplacer sa
flotte de nuit pour échapper à la
vigilance de ses ennemis.
Comme le montrent à l’évidence les
batailles engagées à Hansan et à Myongnyang, sa connaissance préalable du
terrain lui permit de retourner à son avantage
la configuration complexe de la côte, lorsqu’il poursuivait l’ennemi ou
qu’il était lui-même pris en chasse.
3-
La mise en
œuvre de tactiques navales variées.
L’amiral Yi a eu recours à une
large variété de tactiques navales, au cours de ses combats sur mer, mis à part
la fameuse formation en aile de grue. Dans sa première bataille, à Okpo, il
disposa sa flotte de front, en ligne horizontale, et s’avança droit sur
l’ennemi, à pleine vitesse, ne lui laissant aucun espace pour manœuvrer ou s’échapper et le pressant sous le feu des
canons.
Dans la bataille sur mer,
près de Pusan, c’est la formation en long serpent (Chang-Sa-jin, en
coréen) qui fut choisie, de façon à remédier à l’énorme infériorité de la
flotte coréenne : 83 navires coréens face à 480 navires japonais. Yi adopta cette formation longue et étroite
de façon à exposer le moins possible ses navires au feu de l’ennemi. La flotte
coréenne sortit victorieuse de cette bataille, coulant 125 navires ennemis sans
en perdre un seul. A la bataille de
Happo, la flotte de l’amiral Yi accula la flotte japonaise près d’un port
encaissé, et put ainsi détruire la totalité des navires ennemis. Dans cet
engagement, Yi n’eut pas besoin d’utiliser une formation spéciale, mais donna
l’ordre à ses navires de fondre individuellement sur chaque navire ennemi,
comme ils l’entendaient
4- Démoraliser l’ennemi et
gagner la confiance de ses hommes.
Lors des combats sur mer,
la marine de Yi Sun-sin soumettait l’ennemi à un
bombardement de flèches et
de boulets de canons , tout en se tenant eux-mêmes hors d’atteinte .
Cette tactique se montra
particulièrement efficace en enlevant à
l’ennemi son esprit combatif et en permettant de prendre ainsi avantage sur
lui. En contraste, les marins coréens se montraient d’une confiance absolue
envers leur amiral, et leur moral s’affermissait d’autant qu’il les conduisait
de victoire en victoire.
5- Maintenir une parfaite
discipline et des principes stricts.
Les officiers négligents étaient
punis à coups de gourdins, sans distinction de grande. Les soldats déserteurs
étaient condamnés à mort, comme l’étaient aussi les officiers qui se laissaient
corrompre et fermaient les yeux sur les désertions ainsi que les hommes
coupables d’une faute et qui récidivaient.
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